XVIe siècle

Le premier propriétaire connu de la maison appelée aujourd'hui Buttin-de-Loës s'appelait Isbrand de Crousaz. On était au 16e siècle, en pleine période bernoise. Ce personnage est connu pour avoir dénoncé une conjuration contre Berne et en faveur du duc de Savoie. Bien vu des Bernois du fait de cette dénonciation, il pourra récupérer plusieurs biens des conjurés qui avaient été confisqués par Berne. Mais cette abondance de biens semble difficile à gérer et, acculé par les dettes, il décide, en 1589, de vendre la maison et le domaine à Vincent Daxelhoffer, trésorier de Berne pour le Pays de Vaud. Il y a 8 poses de vignes, 16 poses de prés et la maison, le tout étant vendu pour 13'000 florins (dont 2'500 pour la maison).

Maison Buttin-de-Loës en quelques traits

XVIIe siècle

En 1641, la propriété sera agrandie par l'intégration de la maison de Gaspard Blondel qui est enclavée dans la propriété Daxelhoffer. Gaspard Blondel a dû la céder en raisons de dettes.

Nicolas de Daxelhoffer, avoyer de Berne, héritera de la maison. Le 18 février 1670, le domaine sera partagé entre Esther Daxelhoffer et Nicolas Daxelhoffer (petit-fils de l'autre Nicolas). 

La répartition a lieu dans la "Maison Buttin" en présence du notaire Pierre Parisod. C'est alors que la maison revient à Esther Daxelhoffer, elle même épouse d’Albert de Graffenried, seigneur de Carrouge, ce qui explique comment la maison est devenue propriété des de Graffenried. Il s'agit alors de deux maisons soudées.

XVIIIe siècle

En 1756, la Confrérie du Saint-Esprit de Villette (en fait l'autorité communale) reprend la maison du vigneron Christian Duboux à sa mort, la commune étant créancière du bien. A la même époque la confrérie vend une maison qui est devenue "l'auberge du Monde" et déplace archives, coffre-fort, pressoir et cave dans l'ancienne maison Duboux, qui est en fait la partie nord de la "Maison Buttin" qui sera aussi Ecole communale puis siège de l’administration de Grandvaux. Il n’est pas clairement établi si la maison Duboux a fait une fois partie des biens de la famille de Graffenried.

Vincent de Graffenried, neveu de l'avoyer, hérite de la maison et en fait une maison de plaisance qui sera agrandie et embellie.

La maison passe ensuite à un cousin, François-Louis de Graffenried (1725-71), marié à Charlotte von Büren. Leur fille, Susanne-Marie-Anne, en hérite. Elle épouse Bernard de Diesbach qui devient seigneur de Carrouge et avoyer de Berne, puis ambassadeur de la République helvétique à Venise. 

Fin XVIIIe et XIXe siècles

A la révolution, la "Maison Buttin" et la vigne sont abandonnés puis rachetés par Frédéric Gorjat. Elles seront ensuite reprises par ses fils Jean-François-Louis et Jean-Jacques.

XXe et XXIe siècles

En 1917, le domaine est acquis par Louis Buttin-de-Loës, complété en 1929 par l'acquisition de la Maison Jaques, située à l'ouest et dans laquelle se trouvent la grande salle et le Pressoir. Avec le concours de l’architecte Frédéric Gilliard, ils parvinrent à reconstituer la vieille demeure patricienne du XVIIIe siècle, qu’ils prirent plaisir à garnir de meubles anciens, de tableaux et de porcelaines rares.

La Maison a fait l’objet d’une donation de la part des époux Buttin-de-Loës à l’Association du Vieux Lausanne le 18 décembre 1939. Le 19 novembre 1968, suite au décès de Mme Buttin-de-Loës, une fondation est créée pour gérer un capital légué pour l’entretien des bâtiments. En 1982, l’Association du Vieux Lausanne (aujourd’hui Association Mémoire de Lausanne) décide de créer une association distincte pour la gestion courante de la Maison, appelée les Amis de la Maison Buttin-de-Loës. Le 21 juin 1984, la Maison est rouverte après une restauration importante menée par les architectes Cahen et Jeanrenaud.

En 2011, L’Association Mémoire de Lausanne, les Amis de la Maison Buttin-de-Loës et la commune de Grandvaux se mettent d’accord pour créer la Fondation pour la conservation de la Maison Buttin-de-Loës, qui deviendra propriétaire de la maison par un acte signé le 27 juin, juste avant la création de la nouvelle commune de Bourg-en-Lavaux, entrée en vigueur le 1er juillet 2011.

Le grand salon